Les grandes lignes de la réforme des retraites dévoilées — France

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Le haut-commissaire à la réforme des retraites a dévoilé ce jeudi ses préconisations pour le futur "système universel" promis par Emmanuel Macron. Si ce calendrier est respecté, la génération née en 1963 sera donc la première impactée.

De nouvelles concertations doivent s'ouvrir dès la semaine prochaine sur la base du rapport qu'a remis le haut-commissaire au Premier ministre Édouard Philippe en fin de matinée. Sa revalorisation tiendra compte de l'évolution des revenus moyens. Ce point suscite l'inquiétude des syndicats.

Quelles sont leurs marges de manœuvre? Système déjà critiqué par quelques organisations syndicales.

"Le système universel que propose ce document répond aux attentes profondes de nos concitoyens en termes d'équité, de justice, de simplification, de lisibilité, de solidité et de solidarité, mais surtout il entre en résonance avec notre société d'aujourd'hui et de demain", explique Jean-Paul Delevoye. C'est un passage obligé voulu par l'exécutif et Bercy, au nom de "l'équilibre du système ". L'age minimum de départ à la retraite resterait 62 ans mais il faudrait attendre 64 ans pour toucher votre retraite à taux plein. Un système, pas encore exactement défini, "incitera au prolongement de l'activité", comme le suggère le rapport. D'autres options sont toutefois possibles et seront soumises à concertation.

Concernant les avantages familiaux, la CFTC a déjà obtenu en partie gain de cause. Pour les familles, la pension de retraite sera majoré de 5% par enfant, dans la limite de deux enfants. Jean-Paul Delevoye a soutenu l'instauration d'un âge "d'équilibre " à 64 ans au taux plein en deçà duquel une décote sera appliquée sur la valeur des points et au-delà duquel il y aura une surcote.

Exit les 42 régimes de retraite existants avec leurs règles de fonctionnement spécifiques selon le statut professionnel de chacun: salariés du secteur privé, salariés des régimes spéciaux, fonctionnaires, indépendants, professionnels libéraux, agriculteurs... Qui financera? Aucune réponse... Quoi qu'il en soit, son entrée en vigueur n'est prévue que pour 2025... Les régimes spéciaux seraient donc fermés. A quelle échéance? Pas de réponse.

Ces points constitueront un stock de départ auquel s'ajouteront les points acquis par la suite dans le nouveau régime. "Chaque jour travaillé permettra d'acquérir des points", note le haut-commissaire, qui juge ce nouveau système "plus juste" car "un euro cotisé vaudra les mêmes droits pour tous". Par exemple, 100 euros cotisés donneront donc droit à 5,50 euros de retraite par an et ce pour le privé comme pour le public. Quel sera le montant dans 10, 20, 30 ans? Il a néanmoins indiqué que le niveau de pension sera indexé sur l'inflation et que la valeur du point sera indexée sur les salaires. "Le rendement définitif ne pourra être acté qu'en 2024", précise le rapport. "C'est une réforme paramétrique permanente dans les mains des gouvernements", a critiqué le secrétaire général de Force ouvrière, Yves Veyrier, jeudi matin, rappelant "que l'espérance de vie en bonne santé, c'est 63 ans".

Début juillet, l'Ugict-Cgt, qui avait anticipé les recommandations de Jean-Paul Delevoye, a lancé une plate-forme d'information sur le sujet. Objectif: une mise en place de la réforme de manière "très progressive" à partir de 2025.

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