Pourquoi une fusion avec Fiat Chrysler — Renault

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Un rapprochement entre les groupes Renault et Fiat Chrysler est actuellement à l'étude. Un projet qui suscite des inquiétudes. Fiat Chrysler a proposé lundi dernier au constructeur français Renault une "fusion entre égaux" pour former le numéro trois mondial de l'industrie automobile.

Elle changerait aussi profondément le rapport de forces au sein de l'attelage Renault-Nissan-Mitsubishi.

Quel est l'intérêt d'une telle fusion? . Constitué en 2014, le groupe FCA indique avoir soumis une " proposition pour une fusion transformante avec Groupe Renault dans le but de créer un groupe automobile mondial de premier plan.

Le groupe italo-américain ajoute par ailleurs que la fusion ne prévoit la fermeture d'aucune usine, mais qu'elle créerait 5 milliards d'euros de "synergies", terme désignant des économies réalisées par la mise en commun de certains moyens. Et lorsqu'on en crée, on dit: "'ah, mais il y a des Italiens qui vont être peut-être devant nous!' Ce n'est pas le sujet", a-t-il déclaré mardi sur RTL.

Pour Renault, le groupe disposerait enfin d'un vrai pied en Amérique via Chrysler ou Jeep, cette dernière étant bien connue du groupe puisque Renault n'est autre que l'ancien propriétaire de la marque américaine. L'opération pose de nombreuses questions sur l'avenir de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, née en 1999 et déjà fragilisée par l'éviction de son bâtisseur Carlos Ghosn, à la suite de son arrestation en novembre au Japon. Ses ventes annuelles porteraient sur 15 millions de véhicules, soit près de 50% de plus que celles de Volkswagen ou de Toyota. Parmi les 11 candidats, figure l'actuel patron exécutif Hiroto Saikawa, critiqué pour sa gestion de l'affaire Ghosn mais qui veut rester à son poste pour préparer la succession.

Le ministre de l'Économie Bruno Lemaire s'est entretenu en fin de semaine passée avec Jean-Dominique Sédart, le patron de Renault, pour discuter de ce projet.

FCA pointe notamment ses partenariats avec Waymo (ex-Google Car) ou encore l'allemand BMW dans les technologiques de conduite autonome, des atouts jugés "complémentaires" de l'avance de Renault dans les véhicules électriques.

Quelles sont les craintes des syndicats? .

Toutefois, a assuré le ministre, l'Etat français fera "tout pour protéger les intérêts français".

Un projet porteur d'opportunités économiques, mais qui n'est pas sans risques.

De même, s'il abaisse son objectif de cours de 98 à 94 euros, Invest Securities maintient le titre dans sa liste de valeurs favorites, jugeant que cette opération devrait soutenir le rebond de la valorisation de Renault.

Chez Renault, les représentants syndicaux craignent que les salariés paient cette fusion au prix fort. Pour eux, la constitution du troisième groupe automobile mondial ne se fera pas sans casse sociale.

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