Combien touchait le PDG de Renault accusé de fraude — Carlos Ghosn

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Le constructeur japonais, criblé de dettes et au bord de la faillite quand Renault vole à son secours en 1999, est en effet devenu une puissante machine à cash.

L'arrestation de Carlos Ghosn, bâtisseur de l'empire automobile Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, a provoqué la consternation au Japon, en France et dans l'ensemble du monde automobile, où sa soudaine disgrâce pose de nombreuses questions. Des reproches repris mardi par le quotidien économique Nikkei, qui ajoutait qu'après des années d'acceptation silencieuse, "il y avait au sein de Nissan des critiques grandissantes sur les rémunérations excessives de M. Ghosn".

La question ne s'est pas posée jusqu'ici puisque Carlos Ghosn tirait sa légitimité au Japon, à la fois de son rôle d'architecte de l'alliance, et du fait qu'il était également président de Nissan et de Mitsubishi, deux postes dont il risque maintenant d'être démis.

"Le conseil d'administration de Nissan se prononcera jeudi sur le limogeage de Carlos Ghosn".

Le même tribunal de Tokyo a également décidé une détention de 10 jours pour Greg Kelly, administrateur de Nissan accusé de complicité avec Carlos Ghosn, ajoute Kyodo. Même si, au dîner à l'Elysée réunissant, le 1er octobre, les dirigeants du secteur, le chef de l'Etat avait changé le placement à table au dernier moment pour prendre à ses côtés Carlos Tavares, le P-DG de PSA, et non Carlos Ghosn, l'ancien patron de celui-ci. Depuis 2016, Nissan détient en plus 34 % de Mitsubishi. C'est en 1996 qu'il est recruté chez Renault par le patron Louis Schweitzer qui envisage d'en faire son successeur.

Depuis lundi soir, Carlos Ghosn est donc en garde à vue. Ce qui a fait dire au président de la République, Emmanuel Macron, que l'Etat français sera "extrêmement vigilant à la stabilité" de Renault et de l'Alliance avec Nissan. Carlos Ghosn l'a largement restructuré au point de transformer Nissan en champion de la compétitivité. Ce sont les bénéfices engrangés par le Japonais qui ont sauvé les résultats financiers du Français. Le dirigeant de Renaut et PDG de l'Alliance Renault-Nissan est suspecté d'avoir dissimulé une partie de ses revenus au fisc nippon.

"La responsabilité de l'État français est très lourdement engagée". Mitsubishi Motors (MMC) a annoncé une décision similaire. Depuis, le PDG a décliné sa méthode Nissan de compression des coûts et des délais de production des véhicules chez Renault, quitte à faire plonger la qualité des véhicules.

Carlos Ghosn a été arrêté lundi après qu'une enquête interne de Nissan a démontré que Ghosn avait utilisé de l'argent du groupe automobile à des fins personnelles.

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