Midterms aux États-Unis: ça passe ou ça casse pour Trump

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Mais le président devra néanmoins compter avec la majorité démocrate à la Chambre, et la majorité républicaine au Sénat reste fragile.

Politiquement, le président calcule que négocier avec une Chambre démocrate lui facilitera la tâche, par rapport à la situation des deux premières années de son mandat, où la majorité républicaine était constamment soumise aux menaces de défections internes, entre les ailes modérées et ultra-conservatrices.

Alors que le Républicain l'emporte avec 50.2% contre 49.8% pour le Démocrate, Bill Nelson a fait savoir qu'il souhaitait un recomptage des votes. Et Politico de conclure: "Qui sait ce que cela va augurer pour [la présidentielle de] 2020". Donald a posté un message de réaction, évoquant un "immense succès". "Mais de là à parler d'" immense succès "? Par ailleurs, lors de ces Midterms, de nouveaux gouverneurs vont être désignés, dans 36 Etats. Les électeurs de l'État sont pourtant des pro-Trump convaincus: en 2016, le président y a été élu avec 42 points d'avance. Cela sera plus facile maintenant pour nous. Voici les cinq leçons que les rivaux de Donald Trump peuvent retenir de ce scrutin.

La majorité républicaine élargie au Sénat lui permettra de poursuivre les nominations de juges conservateurs à un rythme soutenu. Faudra-t-il que ce soit une personnalité qui ait de l'expérience et des tripes pour tenir tête à Donald Trump, dont beaucoup disent qu'il n'hésitera devant rien pour être réélu, ou incarner le changement, y compris sur des politiques moins droitières que celles souhaitées ou obtenues par l'administration Trump?

"Si les démocrates pensent qu'ils pourront gâcher l'argent du contribuable à enquêter sur nous à la Chambre, alors nous serons probablement forcés d'envisager d'enquêter sur eux pour toutes les fuites d'informations classées, et plein d'autres choses, au Sénat". Ainsi, Barack Obama avait connu ce cas de figure deux fois (après les midterms de 2010 et 2014) et George W. Bush une fois, lors de son deuxième mandat (en 2006). Selon un sondage réalisé à la sortie des urnes par CNN, deux tiers des électeurs estimaient que ces élections étaient un référendum sur la personne de Donald Trump. Comme le rappelle le site FiveThirtyEight, il s'agissait là du plus grand ratio à défendre pour un parti qui n'a pas la Maison-Blanche depuis 1914, et la ratification, un an plus tôt, du 17amendement, qui permet aux électeurs et électrices de choisir directement leurs sénateurs et sénatrices.

"Un Congrès démocrate va oeuvrer à des solutions qui nous rassemblent, car nous en avons tous assez des divisions", a déclaré Nancy Pelosi, la chef des démocrates à la Chambre des représentants, en promettant de restaurer les "contrepouvoirs constitutionnels". Après la procédure d'impeachment lancée suite au scandale Lewinsky, son parti n'a pas cédé de siège au Sénat, et en a même gagné à la Chambre.

Donald Trump risque tout simplement de vivre deux années absolument détestables.

La Chambre des représentants "s'occupe surtout des questions de politique intérieure", souligne le, chercheur au centré d'études des crises et des conflits internationaux de l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve (UCL). Mais lorsque vous contrôlez la chambre des représentants, vous contrôlez toutes les commissions importantes.

Le républicain Mitt Romney, ancien candidat malheureux à la présidentielle américaine de 2012, a battu la démocrate Jenny Wilson dans la course au siège de sénateur de l'Utah, selon les projections des médias américains.

"Le président a déjà montré, depuis deux ans, qu'il était prêt à rencontrer les démocrates", a insisté Kellyanne Conway. Majoritaire pour la première fois depuis 2011 dans la chambre basse du Congrès, le parti démocrate ne jouit que d'une majorité étriquée.

Là encore, ce sont des succès en demi-teinte ou du moins deux lectures sont possibles.

À long terme, c'est une question intéressante, car de plus en plus de démocrates semblent prêts à remettre en question la politique israélienne.

De fait, les résultats des élections de mi-mandat pourraient même l'enhardir, le pousser à être plus trumpiste que jamais, réorganiser son équipe, faire taire les rares voix dissidentes dans son entourage ou au sein du "Grand Old Party". Il préconisait par exemple la suppression de la police des frontières.

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