Crise migratoire : à Berlin, Macron appelle à "une réponse européenne"

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La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré lundi que Berlin souhaitait soutenir l'Italie dans ses efforts pour réduire le nombre de migrants atteignant ses rivages, en gérant le cas échéant les demandes d'asile en Europe à partir de pays extérieurs comme la Libye.

"C'est un budget qui va avoir deux fonctions: investir en commun, financer des programmes d'innovation qui préparent l'avenir de la zone euro (.) et la stabilisation". À cela s'ajoute une rébellion de l'aile bavaroise de son parti: le ministre de l'Intérieur, qui est le président de cette aile bavaroise, tente un véritable putsch en la menaçant d'appliquer sa propre politique rigoureuse d'immigration.

Enfin, si Angela Merkel s'est déclarée favorable à la proposition française de doter la zone euro d'une " capacité budgétaire", elle envisage un montant limité à deux chiffres en milliards d'euros (soit quelques dizaines de milliards d'euros) de dépenses d'investissement pour encourager les réformes chez les bons élèves de la zone euro.

C'est un succès politique incontestable pour Emmanuel Macron et la France. "Nous nous engageons pour un budget de l'euro", a confirmé Angela Merkel sans pour autant fixer le montant qui serait mobilisé.

Le moteur franco-allemand est de retour.

On avait, peu après l'élection d'Emmanuel Macron, assisté à une passe d'armes par médias interposés, au cours de laquelle la chancelière avait expliqué que le budget de la zone euro ne pourrait s'élever qu'à quelques milliards d'euros et surtout pas à plusieurs centaines de milliards, tandis que le président de la République affichait son ambition de plusieurs points de PIB, soit plusieurs centaines de milliards d'euros justement. "Il touche à la cohésion de l'Union européenne", a dit Mme Merkel. La France et l'Allemagne veulent ainsi "préserver les acquis de l'Union européenne " et "renforcer leur coopération". L'enjeu de la réunion était d'affirmer une volonté commune - et concrète - de rendre l'Europe "plus souveraine et plus unie", pour reprendre les mots du président français, pour qui il s'agit là "peut-être d'un choix de civilisation". "Nous répondons aux défis contemporains par plus d'unité et de solidarité, par une convergence de vues très forte entre nos deux pays", a résumé Emmanuel Macron mardi.

"Ce sujet nous agite beaucoup ces derniers temps", reconnaît Angela Merkel.

La France espère également conclure un accord avec l'Allemagne sur la mise en place d'un mécanisme européen de prévention des faillites bancaires, capable de "réagir rapidement" avec "une forme d'automaticité".

Puis le lendemain elle s'entretiendra avec le président français Emmanuel Macron, dans un contexte européen explosif sur les migrants, illustré par les tensions autour du navire Aquarius.

Selon l'agence allemande DPA, la CSU du ministre de l'Intérieur Horst Seehofer prévoit, sauf accord européen au sommet des 28 et 29 juin, de refouler aux frontières tous les demandeurs d'asile ayant été enregistrés dans un autre pays de l'UE, le plus souvent l'Italie ou la Grèce, soit la quasi-totalité d'entre eux. "Nous ne voulons pas agir de manière unilatérale, non concertée et dommageable pour des tiers", a-t-elle dit.

Vendredi, l'Union chrétienne sociale (CSU) a dû démentir tout projet de rupture avec l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière allemande Angela Merkel, après un canular sur Twitter.

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