Sanctions contre l'Iran: Paris veut "protéger les intérêts des entreprises"

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Mais peut-on imaginer que l'accord puisse tenir sans les Etats-Unis?

Plusieurs relèvent aussi les risques sécuritaires et le danger qu'Israël se retrouve seul face à ceux-ci. [.] Si nos intérêts sont respectés, nous restons dans l'accord sans les Etats-Unis. Principale raison de douter de la force des pays européens: les sanctions. D'après l'IISS (International Institute for Strategic Studies), un certain nombre des systèmes de cet arsenal, le plus important au Moyen-Orient, seraient, en théorie, capables d'emporter des charges nucléaires.

Absolument, il n'y a aucun doute là-dessus. Comme si le géant invincible américain avait besoin de motivations externes pour justifier ce retrait et ses conséquences. Réagissant quelques minutes après son homologue américain, le président Rouhani n'a pas cédé à la colère et à l'émotion. Ils peuvent venir et en débattre, pour apaiser tout le monde, mais si j'étais eux, je ne céderais rien. Le Conseil de Sécurité peut accorder des dérogations au cas par cas. "Je ne fais pas confiance à ces trois pays".

C'est toute la question aujourd'hui. L'idée était que l'Iran ne bougerait pas avant les élections au Liban et la décision de Donald Trump. Il a tourné le dos à ses alliés européens, aux Russes, aux Chinois, à l'ONU qui voient en l'accord un pas important sur la voie de la paix dans le monde et a cédé au lobbying d'Israël et de l'Arabie saoudite qui n'en voulaient pas.

'L'Iran, le troisième plus grand producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, produit environ 3,8 millions de barils par jour, soit environ 4% de l'approvisionnement mondial en pétrole', commentent les analystes de Saxo Banque.

En fin novembre, les discussions aboutissent sur un accord de six mois limitant des activités nucléaires grâce à une levée partielle des sanctions.

Selon le journal, la décision unilatérale de Trump constitue "le trait final sur cet accord".

C'est une autre décision controversée de cette administration, qui a semble-t-il décidé de ne pas se soucier de l'avis de la communauté internationale. Le dimanche 6 mai, Benjamin Netanyahou a même affiché ses ambitions guerrières: il s'est dit " déterminé à arrêter l'agression de l'Iran, tant qu'elle en est à ses premiers stades, même si cela implique un conflit".

M. Rohani a offert aux autres parties (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie) une courte fenêtre de négociations pour sauver ce pacte, tout en menaçant que l'Iran reprenne les activités d'enrichissement d'uranium qu'il a accepté de suspendre.

Le guide suprême de la Révolution islamique iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, avait affirmé en octobre dernier que Téhéran déchirerait l'accord sur le programme nucléaire si les Etats-Unis le dénonçaient.

Parmi les sanctions levées depuis, qui ont ouvert la porte aux investisseurs étrangers: le groupe Total en 2017 et le constructeur Renault qui signent un accord avec l'Iran.

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