A propos du rapport Villani — Intelligence artficielle

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À la suite du rapport du député Cédric Villani, Emmanuel Macron a présenté ce jeudi 29 mars la stratégie française en faveur de l'intelligence artificielle (IA), à l'occasion d'un discours au Collège de France.

Oui. L'intelligence artificielle fait l'objet d'une rude bataille depuis le début des années 2010 entre les grandes entreprises du Web (Facebook, Apple, Samsung, Amazon, Google...).

"Ce n'est pas une petite révolution, c'est une révolution considérable qui va tout changer dans nos vies, dans nos sociétés, dans le monde du travail: il y aura de l'intelligence artificielle partout" prédit le spécialiste de l'IA Stephane Mallard au micro d'Europe 1.

Au-delà des annonces économiques - qui affichent les ambitions de la France pour revenir dans la course dans un domaine dominé jusqu'à présent par les mastodontes américains et chinois - on retiendra du discours d'Emmanuel Macron sa volonté de mettre l'accent sur les enjeux sociétaux de l'IA et les risques induits, alors que cette technologie décide de plus en plus à notre place. Google s'associe aux grandes écoles Google de son côté a annoncé s'être associé à l'Ecole polytechnique pour la création d'une "chaire internationale d'enseignement et de recherche" consacrée à l'intelligence artificielle et à l'informatique visuelle, qui concerne la simulation de modèles informatiques complexes via la modélisation en trois dimensions. Sur les 1,5 milliard du plan IA, près de 400 millions d'euros seront dévolus à des "appels à projet et défis d'innovation de rupture ".

"Donner un sens à l'intelligence artificielle, pour une stratégie nationale et européenne ", tel est le titre du rapport de Cédric Villani remis mercredi soir au gouvernement. Les chercheurs seront notamment autorisés à consacrer jusqu'à 50% de leur temps à une entité privée, contre 20% aujourd'hui.

En partageant ces données de façon confidentielle et sécurisée avec les acteurs de l'IA, le gouvernement espère développer des "innovations majeures", par exemple dans la prévention et le traitement des cancers ou la détection précoce de certains problèmes de santé, ce qui dans le futur, permettrait à l'État de faire beaucoup d'économies en matière de Santé.

Emmanuel Macron souhaite une " politique pro-active d'ouverture des données publiques et des données financées par le public ". "La France ne pourra tenir son rang sans le soutien de l'Europe", a-t-il ajouté. Bien entendu, il recommande également de former les professionnels de santé aux usages de l'intelligence artificielle...et de recentrer la formation sur l'empathie et le rapport avec les patients. "On doit accélérer la formation des ingénieurs car, à ce niveau-là on est vraiment en retard", juge-t-il. Le président a cité, parmi les secteurs prioritaires, la santé, où la France "possède un avantage comparatif significatif" grâce au fait que "la base de données de l'assurance-maladie ou encore celle des hôpitaux comptent parmi les plus larges du monde". Un " cadre de régulation " devrait d'ailleurs favoriser leur circulation d'ici à 2022.

Le chef de l'Etat annonce également qu'en avril prochain sera lancée une stratégie française pour le véhicule autonome qui permettra des expériences de niveau quatre. "Les algorithmes développés dans des régimes autoritaires ou dans des pays où les entreprises font n'importe quoi avec les données, ne seront pas ceux qui s'imposeront au final", assure Sylvain Duranton. "Nous inventerons la médecine de demain, ici en France". Le président milite ainsi pour la " transparence et la loyauté des algorithmes ". Emmanuel Macron fixera ensuite jeudi les grandes orientations de l'exécutif, pour placer la France parmi les champions de ces technologies où elle dispose d'un savoir théorique indéniable avec des cerveaux recherchés à l'étranger, mais qui ne se traduit pas encore par l'émergence de grandes entreprises leaders.

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