Turquie. Chute de roquettes en provenance de la Syrie

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Pendant ce temps, l'offensive turque a pris de l'ampleur dans et autour de la ville d'Afrine, bastion des forces kurdes que cible l'opération baptisée "Rameau d'olivier".

Il s'agit de la deuxième offensive turque dans le nord syrien, après celle lancée en août 2016 pour repousser l'EI, mais aussi enrayer l'expansion des combattants kurdes, à la faveur du chaos provoqué par la guerre en Syrie qui a fait plus de 340.000 morts depuis 2011. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé ce dimanche que les troupes turques qui ont déjà entamé leur offensive en Syrie poursuivent les combattants du PYD (Parti de l'Union Démocratique), liés aux combattants kurdes du PKK.

" L'opération Afrin a commencé de facto sur le terrain", a déclaré le président Erdogan durant un discours télévisé, sans plus de détails". La Syrie laisse donc faire l'armée turque dans la perspective d'amener les kurdes à faire amende honorable après leur épuisement militaire sous les coups turcs.

La Turquie accuse l'YPG d'être proche du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), avec qui le conflit armé dure depuis 1984. Des dizaines de blindés s'étaient massés le long de la frontière avec la Syrie tandis que, vendredi, des centaines de rebelles syriens fidèles à Ankara l'avaient traversée en autocar pour se positionner à Azaz, une ville au nord d'Alep.

Sur la même lignée, Michel Goya, militaire et auteur français a déclaré jeudi sur Arte: " Il faut se méfier de l'image des Kurdes comme combattants de la liberté. De là à refuser toute présence armée synonyme d'autonomie croissante des Kurdes à moins de trente km de sa frontière du côté d'Afrine, il n'y a qu'un pas et c'est ce qui a motivé la décision des autorités turques d'investir la région pour y instaurer ce qu'elles appellent "une zone de sécurité".

Mais les YPG ont aussi été un allié incontournable des États-Unis, partenaires de la Turquie au sein de l'OTAN, dans la guerre contre l'EI. "Cette opération va se poursuivre jusqu'à l'élimination du dernier membre de cette organisation terroriste (le YPG) ". Jusque-là, les responsables américains se sont limités à appeler Ankara à la retenue tout en reconnaissant son droit légitime à se protéger.

Des responsables kurdes ont indiqué à l'AFP que Moscou leur avait offert une protection contre la Turquie s'ils laissaient leurs territoires au régime syrien, et avait retiré son soutien aérien quand ils avaient refusé la proposition. Cette opération militaire, lancée en territoire syrien sous le nom de "Rameau d'olivier", a pour objectif principal d'amoindrir l'influence kurde dans la région et d'empêcher à tout prix la constitution d'un espace aux mains des Kurdes aux frontières de la Turquie.

"Cet assaut intervient au lendemain d'une opération marquée par des tirs de roquettes qui a tué dix personnes, dont la majorité était des civils, selon Birusk Hasakeh, porte-parole des YPG".

Depuis le début de l'offensive turque, samedi, les observateurs s'interrogent sur de potentielles conséquences sur le processus de paix en Syrie, en particulier sur un "Congrès du dialogue national syrien" qui doit se tenir en Russie le 30 janvier. La coalition emmenée par Washington pour lutter contre le groupe Etat islamique (EI) a annoncé dimanche la création de cette "Force de sécurité frontalière", mise sur pied en partenariat avec des combattants kurdes et arabes.

De son côté la communauté internationale s'inquiète de l'ouverture d'un nouveau front en Syrie.

C'est la seconde fois que l'armée turque lance une opération d'envergure en Syrie.

Les soldats turcs et leurs alliés syriens cherchent toujours à prendre le contrôle de la colline de Boursaïa, à l'est de la ville d'Afrine.

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