Manifestations massives pour l'unité — Espagne

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Ce ne sont que des petits signes, mais on dirait que l'heure est plutôt à un début d'apaisement entre Barcelone et Madrid en cette fin de semaine.

La déclaration d'indépendance déclenche une "Loi de transition juridique" qui confère à la Catalogne le statut de "République de droit, démocratique et social" et ouvre une période de transition durant laquelle la "République" se dote de ses propres lois et institutions.

Pendant ce temps les milieux économiques se montraient de plus en plus anxieux concernant les conséquences de la crise catalane, la pire depuis que le retour de la démocratie en Espagne en 1977. "Il y a une minorité de séparatistes, et je pense que la majorité des catalans sont avec nous", commente un autre. La loi organisant ce scrutin indique même qu'elle s'impose à toute autre norme qui entrerait en conflit avec elle, y compris la Constitution.

Des dizaines de milliers de personnes manifestaient samedi en Espagne pour l' "unité " et le " dialogue " dans la crise ouverte depuis le " référendum " catalan d'autodétermination, alors que les séparatistes envisagent de déclarer l'indépendance unilatérale de leur région dans les prochains jours".

L'instabilité en Catalogne alarme aussi l'Europe.

Les partisans du dialogue mobilisés Egalement mobilisés ce samedi: les Espagnols qui plaident pour l'ouverture d'un dialogue plus apaisé entre Madrid et les indépendantistes.

C'est cet horizon bouché qui a fait dévisser le cours en Bourse des grandes banques catalanes mercredi.

Il faut dire que l'inquiétude est montée d'un cran jeudi, avec des remous sans doute plus importants que prévus dans le monde économique.

La puissante CaixaBank, emblématique en Catalogne comme ailleurs en Espagne, explique aussi vouloir "garantir à tout moment sa présence dans la zone euro, sous la supervision de la Banque centrale européenne (BCE)", qui représente pour elle une source vitale de financement.

Le chef du gouvernement, Mariano Rajoy, a appelé les dirigeants catalans à "revenir dans la légalité", dans un entretien avec l'agence de presse espagnole EFE.

Carme Forcadell, la présidente du Parlement régional, a accusé Madrid de vouloir résoudre ses difficultés politiques dans les tribuaux et a promis que l'assemblée catalane ne serait pas muselée. Malgré l'interdiction par Madrid et la démission de plusieurs membres de son propre gouvernement, Carles Puigdement garde le cap: le référendum aura bien lieu le 1er octobre 2017.

Pour sa part, Mariano Rajoy réunira son gouvernement vendredi pour discuter de nouvelles mesures pour empêcher l'indépendance à tout prix.

Carles Puigdemont a estimé que le souverain avait 'délibérément ignoré des millions de Catalans', sans chercher à tendre la main à l'ensemble des habitants de la région, alors que le référendum d'autodétermination interdit de dimanche a été suivi d'une grève générale et de manifestations monstres. "Il défend sa Maison, sa Couronne, le futur de sa fille (la princesse Leonor, héritière du trône), il joue son va-tout", ajoute-t-elle.

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