Le TGV devient franco-allemand — Alstom- Siemens

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Selon un communiqué, un protocole d'accord a été conclu en vue d'une "fusion entre égaux". Le rapprochement entre Siemens Mobility et Alstom fait couler beaucoup d'encre et génère un flot impressionnant d'analyses.

C'est officiel depuis hier soir: le Français Alstom et l'Allemand Siemens vont fusionner leurs activités ferroviaires afin de défier le géant chinois CRRC qui pèse 30 milliards de dollars. Selon le quotidien, un conseil d'administration d'Alstom est prévu ce jour-là et l'hypothèse d'un rapprochement entre les deux groupes "bénéficie du soutien des pouvoirs publics français". Il a assuré avoir "obtenu des garanties qui sont des garanties solides", citant le maintien de tous les sites de production Alstom en France et le fait que l'actuel PDG du groupe, Henri Poupart-Lafarge, restera à la tête de la nouvelle entité.

C'était impossible de continuer seul face à la concurrence chinoise? Surtout, Siemens aura une majorité du capital et donc une majorité au conseil d'administration.

Les Chinois sont les leaders incontestés du marché, avec un chiffre d'affaires global de 28,6 milliards d'euros, et 180 000 employés.

Il a déclaré ne pas craindre trop de pertes de chiffre d'affaires à cause des éventuelles concessions sur le plan de la concurrence, prévoyant en revanche des synergies rapides sur les coûts d'approvisionnement et la recherche et développement.

"Ça n'aurait pas un grand intérêt économique pour l'Etat de confirmer l'option", a commenté la source française, en notant qu'acheter ces titres Bouygues ne permettrait pas à la France n'avoir une minorité de blocage dans l'éventuelle entité franco-allemande. Rien n'est moins sûr, d'après Le Monde, qui évoque un scénario socialement catastrophe: Siemens peut avoir accepté ce mariage dans l'optique de faire un profit en revendant, dans un futur plus ou moins proche, les activités ferroviaires à un concurrent. L'année dernière, la société a lancé une enquête sur la faisabilité des trains Maglev (notre photo), qui peuvent atteindre une vitesse de 600 km/h.

Doté d'une frappe financière sans égale, ainsi que d'un outil industriels déjà mondialisé et compétitif, celui-ci s'est engagé dans une stratégie de conquête de parts de marché susceptible de fragiliser les acteurs européens, y compris les plus puissants.

Lorsque Bombardier avait vendu 30% de Bombardier Transport à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), en 2015, la transaction attribuait une valeur de 5 milliards $ US à sa division de matériel roulant. Un projet dont une des premières difficultés sera d'établir de nouvelles relations avec l'Allemagne alors que la ligne politique du pays n'est pas encore clairement établie, deux jours après ses élections législatives.

Alstom, Siemens, Bombardier et CRRC sont les quatre spécialistes du rail d'importance à l'échelle mondiale.

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