Le succès de Merkel assombri par une percée nationaliste — Allemagne

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L'AfD n'est pas le seul parti à avoir bénéficié de ces votes de protestation. Les populistes devraient compter plus 90 élus dans un Bundestag pléthorique aux alentours de 700 députés. Mais ils révèlent aussi une recomposition profonde des équilibres politiques en Allemagne.

"Les électeurs de l'AfD sont conservateurs, même bourgeois, seulement 2% sont de vrais nazis", rappelle Timo Lochocki, analyste politique au German Marshall Fund. "Nous allons changer ce pays [.]". Avec la poussée de l'AfD, "le dossier migratoire devrait s'inviter en premier à Bruxelles", l'Allemagne plaidant "depuis des mois pour une révision des règles d'accueil des réfugiés dans l'Union" [Le Monde]. De nombreuses personnes ont manifesté dans les grandes villes allemandes contre ce résultat. "Les électeurs ont puni la grande coalition", titre ainsi la Mitteldeutsche Zeitung.

Merkel a un problème supplémentaire: son partenaire actuel dans la coalition, le SPD de Martin Schulz, a également pris un sacré coup.

Cette victoire à l'arraché, les personnalités politiques en France l'ont remarqué. Avec 33 %, es conservateurs ont perdu plus de 8,5 % des suffrages comparé aux élections de 2013. Le SPD s'est quant à lui écroulé. Pour le Tagesspiegel, Martin Schulz qui parlait hier de "journée amère pour la sociale-démocratie", est responsable de la défaite de son parti.

Grüne et le FDP, eux, se distinguent sur le terrain économique, les libéraux préconisant une approche plus dure sur la réduction de la dette de l'Etat, par exemple.

Depuis son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron rêve de reformer ce couple avec Angela Merkel. Le mouvement a fait campagne en tirant à boulets rouges sur Angela Merkel, accusée de "trahison" pour avoir ouvert le pays en 2015 à des centaines de milliers de demandeurs d'asile majoritairement musulmans - que l'AfD qualifie régulièrement de terroristes ou de criminels en puissance.

La tâche risque d'être ardue: les sociaux-démocrates du SPD, deuxièmes avec 20 à 21% des suffrages, ont annoncé qu'ils refusent de continuer à gouverner avec la CDU. Le SPD fera donc partie de l'opposition.

Les analystes prévoient que Mme Merkel tentera de se coaliser avec les libéraux et les verts, même si la tâche s'annonce ardue. Son plus mauvais score remontait à 2009, avec 23%.

A présent, la question est: avec qui le parti d'Angela Merkel va-t-il faire une coalition?

La coalition formée par l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) et l'Union chrétienne-sociale en Bavière (CSU) obtient 32,8% des voix aux élections législatives fédérales d'Allemagne, selon la dernière projection donnée par la chaine de télévision ADR et l'institut de sondage Infratest dima.

Alice Weidel est la co-tête de liste de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), un parti traditionaliste, anti-migrants, anti-élite et flirtant avec l'extrême droite.

Celles-ci pourraient être compliquées par les divergences entre l'allié bavarois de Merkel, la CSU, et les Verts.

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