Abadi se prononce contre la tenue d'un référendum au Kurdistan — Irak

Partager

Tant redoutés par les voisins de l'Irak, et plus particulièrement par la Turquie, les Kurdes d'Irak votaient hier en faveur de leur indépendance.

Mais dans cette ville multiethnique de plus d'un million d'habitants, c'est au contraire l'inquiétude qui prédomine au sein des minorités arabe et turkmène.

Le président du Kurdistan irakien, Massoud Barzani, a en effet affirmé que ce vote ne serait pas aussitôt suivi d'une déclaration d'indépendance mais marquerait le début de "discussions sérieuses" avec Bagdad pour régler les contentieux. Mais depuis la capitale irakienne, le Premier ministre irakien a refusé le divorce. Que le " oui " l'emporte et l'arme du référendum pourra au moins être utilisée pour faire pression sur Bagdad - et pour tenter de surmonter les objections à un projet national qui se veut après tout laïque, démocratique et facteur de progrès social. Kendal Nezan estime qu'"au lieu de s'aligner au nom d'intérêts à court terme sur les positions antikurdes de l'Iran et de la Turquie, qui ne sont pas des modèles de démocratie et de tolérance, les démocraties occidentales devraient privilégier les impératifs de justice et de stabilité en accompagnant leurs alliés kurdes dans leur longue marche vers leur liberté". Mardi, le parlement fédéral a voté contre la tenue de cette consultation pour "protéger l'unité de l'Iraq", et jeudi, il a limogé le gouverneur de la province disputée de Kirkouk qui avait décidé, contre l'avis de Bagdad dont il dépend, d'organiser le référendum dans sa région. "Craignant une " contagion", Ankara a dit voir dans ce référendum une " terrible erreur " et réclame le respect de " l'intégrité territoriale de l'Irak "... Quant au président turc, Recep Tayyip Erdogan il s'est entretenu par téléphone avec son homologue iranien Hassan Rohani. Seuls l'Iran et l'Irak reconnaissent officiellement une portion de leur territoire sous la dénomination " Kurdistan ". Ce dernier avait également fait savoir que les frontières terrestres avec le Kurdistan avaient été fermées. Les autorités kurdes ont indiqué que les résultats serviront à entamer des pourparlers sur leur séparation avec le gouvernement central à Bagdad. Washington a menacé de cesser tout soutien politique, militaire ou diplomatique au Kurdistan irakien. Israël soutient l'indépendance de la région autonome du Kurdistan.

Coincés, menottés et peut-être même déportés. "Voyons par quels canaux et où le (Kurdistan irakien) vendra son pétrole. Nous devrons vivre avec cette réalité", a-t-il ajouté.

Ainsi donc les Kurdes peuvent continuer à pomper en toute sécurité leurs près de 600.000 barils de pétrole par jour sous leur drapeau tricolore rouge, blanc et vert, frappé d'un soleil flamboyant.

Face au défi lancé par les Kurdes d'Irak, l'Iran a aussitôt fermé sa frontière aérienne avec leur région, par laquelle était acheminé le fioul kurde vers les marchés du Golfe. En Syrie, les Kurdes ont souffert de décennies de marginalisation de la part du pouvoir. Ce sont quelque 5,2 millions de citoyens qui résident sur le territoire kurde (qu'ils soient kurdes ou pas) qui ont été invités à s'exprimer aux urnes pour décider de l'avenir de leur pays: Devenir un Etat indépendant ou garder le statut d'autonomie qui les rattache à l'Irak.

A la veille du référendum, le gouverneur kurde de la province, Najm Eddine Karim, a lui aussi appelé la population, avec toutes ses composantes: "Kurdes, Arabes, Turkmènes, Assyriens, sunnites, chiites", à participer massivement. "Ce sera une question de timing en fonction de l'évolution de la situation".

Partager