Madrid et la Catalogne à couteaux tirés — Référendum

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Pour protester contre ces arrestations, des milliers de personnes sont descendues dans le centre de Barcelone.

Dimanche 1 octobre devrait se tenir un référendum lors duquel les Catalans choisiront "entre leur maintien en Espagne et la création d'un État catalan indépendant" [Le Figaro]. Mais les Catalans sont partagés presque à parts égales sur l'indépendantisme.

À Madrid, le parti socialiste, premier parti d'opposition, a d'ailleurs apporté son soutien aux conservateurs au pouvoir pour défendre l'État de droit, tout comme les centristes de Ciudadanos, parti né en Catalogne notamment pour lutter contre les séparatistes. Ils se sont massés devant la Cour d'appel pour réclamer la libération des dirigeants arrêtés. En 2015, les indépendantistes arrivent en tête aux élections régionales en promettant l'indépendance de la Catalogne "en 2017".

Au niveau politique, la région a un statut de communauté autonome. Qui a toutefois promis de tout faire pour qu'il ait lieu. Nous sommes dans un état de siège!

- Juin 2010: la Cour constitutionnelle annule une partie du statut catalan. La crispation autour de ce référendum, interdit par la justice espagnole, pourrait ainsi monter d'un cran par l'aura et l'impact que peut avoir le FC Barcelone sur les supporters. Jugée "anticonstitutionnelle" et néfaste à l'unité de l'Espagne, le gouvernement de Mariano Rajoy fait tout pour l'en empêcher, quitte à radicaliser l'opinion publique catalane. Effectivement la décision de l'organiser a été prise par un parlement catalan démocratiquement élu. "Il suffit d'avoir des yeux pour voir qu'il n'y a pas de violence", a réagi le porte-parole de la Generalitat, Jordi Turull.

On ignore si ces arrestations interviennent uniquement pendant les perquisitions ou seront suivies de gardes à vue. M. Rajoy le décrit comme "l'antichambre du démembrement de l'Espagne". Visés par ces amendes, les cinq membres de la commission électorale créée pour superviser le référendum ont eux aussi abandonné leur charge, selon une source du gouvernement régional. Les députés n'ont eu que très peu de temps pour l'examiner. Finalement, l'Ecosse entière avait refusé l'indépendance soumise au vote.

- 27 septembre 2015: L'ensemble des partis indépendantistes - de gauche et de droite - obtiennent 47,6% des voix et deviennent pour la première fois majoritaires en sièges au Parlement régional.

La police espagnole a envahi le ministère de l'Economie et divers organismes des Finances catalans dont l'Agence du Trésor, ainsi que le ministère des Affaires extérieures. Plusieurs membres du gouvernement sont aujourd'hui poursuivis pour "désobéissance" et "malversations".

La goutte d'eau pour les indépendantistes. La panique de l'État espagnol est manifeste...

"Je demande. que l'on revienne à la normalité", a déclaré de son côté Mariano Rajoy dans les couloirs du Parlement. Pas un sou d'argent public ne doit aller à un scrutin illégal, répétait Madrid en s'appuyant sur les décisions du tribunal constitutionnel.

Pourquoi la tenue du scrutin est incertaine?

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La semaine dernière, en déplacement à Barcelone, le chef de l'exécutif avait ironisé sur l'ouverture au dialogue à laquelle se disait prêt le gouvernement catalan de Carles Puigdemont: " Ils m'ont donné deux options: convoquer un référendum ou convoquer un référendum.", rapportait le quotidien français Le Monde.

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