Déjà des suspicions sur les résultats de la présidentielle — Kenya

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Le vainqueur de la présidentielle sera proclamé au plus tôt vendredi à midi, a précisé la commission.

L'opposition a multiplié les accusations de fraude depuis mardi, jour du scrutin, alors que des résultats provisoires créditent le président sortant Uhuru Kenyatta d'une large avance.

En réponse à la déclaration de la NASA, le secrétaire général de Jubilee, le parti au pouvoir du Président Uhuru Kenyatta, Raphael Tuju, a accusé la NASA de répandre des rumeurs et lui a demandé de produire des preuves de la fraude électorale. Les responsables estiment que la procédure a été respecté par la commission électorale, pas question donc de repousser les résultats comme l'exige l'opposition. Les résultats devraient être tous centralisés vendredi en milieu de journée et la proclamation devrait intervenir peu après.

Elle a donné l'impression d'avoir infléchi sensiblement sa stratégie pour se positionner sur un terrain plus juridique, en arguant que les résultats collectés sur le terrain ne correspondaient pas à ceux transmis électroniquement à l'IEBC. Les propos du candidat de l'opposition Raila Odinga ont maintes fois été les mêmes arguments qu'il utilise chaque fois qu'il est battu dans les urnes.

"Pour l'instant, je ne peux pas dire si ce système a été piraté ou non", a-t-il en outre déclaré au sujet du piratage informatique évoqué par l'opposition. Des heurts encore insuffisants toutefois pour parler d'un embrasement du pays, comme cela s'était passé en 2007 quand Raila Odinga, déjà, avait contesté la réélection du président d'alors. Les contestations avaient fait à l'époque environ 1200 morts et plus de 600.000 déplacés. En 2007, contre Mwai Kibaki; et en 2013 contre Kenyatta.

Les opérations de vote s'étaient pourtant déroulées sans encombre mardi. La mission d'observation de l'Union européenne, dirigée par la Néerlandaise Marietje Schaake, a affirmé ce jeudi matin n'avoir observé "aucun signe de manipulation centralisée ou localisée ".

"Nous exigeons que l'IEBC déclare M. Odinga président dûment élu".

Les résultats définitifs de l'élection présidentielle au Kenya ne sont toujours pas connus. Ils demandaient aux candidats d'éviter tout recours aux 'menaces' ou à la 'violence'.

Plusieurs centaines de personnes ont également parcouru les rues de Mathare, un bidonville de Nairobi, où la police avait abattu deux manifestants mercredi, en scandant: "Uhuru doit partir".

Selon Reuters, la police kényane a tiré à balles réelles dans la ville de Kisumu sur des manifestants partisans de Raila Odinga, qui lançaient des pierres et protestaient contre le résultat de l'élection.

De longues queues se sont formées devant les bureaux de vote à travers le pays dès 3 heures (heure locale).

Le scrutin a donné lieu au déploiement sans précédent de plus de 150.000 membres des forces de sécurité.

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